3 jours à la découverte du Luberon

Je vous emmène aujourd’hui en Provence, dans le Parc naturel régional du Luberon et plus exactement aux alentours de Gordes où j’ai passé quelques jours à la Toussaint. Un séjour entre nature et patrimoine dans une région où se côtoient massifs calcaires, falaises d’ocres, villages perchés, cabanes en pierre sèche et paysages propices à la randonnée.

Le village des bories, Gordes

 

 

Le luberon, c’est où, c’est quoi?

 

Le Luberon est un massif montagneux peu élevé qui se situe en Provence et s’étend sur les départements des Alpes de Haute Provence et du Vaucluse.

Crée en 1977, le Parc naturel régional du Luberon est un territoire beaucoup plus vaste qui s’étend au-delà du massif du Luberon et inclus une partie des Monts de Vaucluse plus au nord.

Gordes, bien que situé dans le Parc régional du Luberon, est en fait plus près des Monts de Vaucluse que du massif du Luberon. C’est ce coin là que j’ai choisi de découvrir, un coin hyper touristique en été qui c’est avéré très tranquille à la Toussaint.

 

paysage du Vaucluse

 


 Jour 1


 

Oppède le Vieux

Premier village de mon séjour et premier coup de cœur: Oppède-le-Vieux, une petite bourgade moyenâgeuse dont le charme réside autant dans ses belles demeures en pierre que dans ses ruines. Abandonné par une grande partie de ses habitants au début du 20ème siècle au profit d’Oppède-les-Poulivet, construit dans la plaine, Oppède le Vieux n’est désormais habité que dans sa partie basse, autour de la place centrale. Deux restaurants et quelques chambres d’hôtes accueillent les visiteurs de passage.

En montant au château, on accède à la partie la plus ancienne du village, aujourd’hui en ruine et complètement envahie par la végétation. Oppède prend ici des airs de village fantôme où la vie semble s’être arrêtée il y a fort longtemps. Il doit être assez étrange de vivre dans un village comme celui-ci, à moitié abandonné mais je dois dire que j’ai adoré le visiter!

Au sommet, on arrive à l’église Notre-Dame-d’Alidon en parfait état et au vieux château totalement en ruine qui dominent le paysage. Belle vue sur la plaine et les montagnes tout autour.

 

Oppède le Vieux, Lubéron

Oppède le Vieux, Lubéron

 

Roussillon

Je me rend ensuite à Roussillon sous un beau ciel bleu et un soleil radieux, les conditions idéales pour profiter pleinement des couleurs des falaises et des façades des maisons. On est ici dans le massif des ocres, un site géologique qui s’étend sur 25 km et nous offre d’incroyables teintes rouge-orangé.

Roussillon est très touristique, on y trouve tout en tas de restaurants, petites boutiques et galeries d’art. Heureusement, fin octobre, la fréquentation n’est pas intense. La visite du village est assez rapide mais agréable et jalonnée de petites curiosités architecturales à travers ses ruelles: portes peintes, belles façades, passages voutés… En remontant vers la Place du Castrum, ne manquez pas le belvédère et sa table d’orientation pour un point de vue sur la plaine et les Monts de Vaucluse.

 

Le village de Roussillon, Lubéron

Le village de Roussillon, Lubéron

 

Le sentier des Ocres

Situé à même pas 300 mètres de Roussillon, le sentier des Ocres est une ancienne carrière à ciel ouvert exploitée par l’homme jusqu’au début du 20ème siècle. Une balade populaire qui nous emmène au cœur des ocres, ces couleurs incroyables créées par la nature il y a des millions d’années.

Deux sentiers permettent de se promener à travers ce paysage étonnant: l’un de 30 minutes et l’autre de 1 heure mais même en prenant mon temps, le parcours le plus long ne m’a pas pris plus de 45 minutes. La partie la plus spectaculaire est l’amphithéâtre dans lequel on descend à l’entrée du site.

Une balade qui me rappelle un petit peu les paysages que j’ai pu rencontré à Bryce Canyon et Red Canyon lors de mon voyage dans l’ouest américain. Attention car fin octobre, le site niché au creux des falaises, était déjà en grande partie à l’ombre vers 14h.


➤  Site web
www.roussillon-en-provence.fr/ocres.html

 

Le sentier des ocres, Roussillon

 

Les Mines du Bruoux à Gargas

Pour mieux comprendre l’importance de l’industrie ocrière dans la région, je me rend maintenant aux mines de Bruoux à 7 km de Roussillon. Il s’agit ici d’une ancienne exploitation souterraine et non à ciel ouvert comme au sentier des Ocres. Une visite intéressante et instructive qui nous emmène avec un guide à travers d’immenses galeries creusées dans le ventre de la falaise.

On y explique la composition en ocre des falaises, le procédé d’extraction, les conditions de travail difficiles de l’époque, la commercialisation, l’exportation… Une activité industrielle qui prospère plus de cent ans avant de décliner, entraînant la fermeture des carrières et usines d’ocre de la région.

Si la plupart des sites sont aujourd’hui dédiés au tourisme, Gargas possède encore une exploitation d’ocre en activité, la dernière en Europe. Les photos sont interdites à l’intérieur de la mine, cela dit, c’est très sombre et l’intérêt assez limité! Les galeries sont très fraîches, prévoyez un gros pull même en été.


  Site web: www.minesdebruoux.fr

 

Les Mines de Bruoux, Lubéron

 

Joucas

Ma deuxième étape coup de cœur de la journée avec Oppède le Vieux. Ici, pas de ruines mais un petit village paisible et tout mignon face aux vignes, à la plaine et aux montagnes. Dans les ruelles du village, on peut voir de drôles de sculptures en bois et en pierre, œuvres de 2 artistes contemporains, Mieke Heybroek et Ulysse Plaud qui ont leur atelier et une petite galerie à Joucas. A seulement 8 km de Gordes et 5 km de Roussillon, il serait vraiment dommage de passer à côté.

 

village de Joucas, Luberon

village de Joucas, Luberon

 

 


Jour 2


Balade au cœur de la campagne luberonnaise

En amoureuse de la nature que je suis, je ne pouvais pas partir dans le Lubéron sans prévoir une petite randonnée, le meilleur moyen de s’éloigner un peu des routes et découvrir des paysages accessibles uniquement à pied. Je repère dans un bouquin une boucle qui me parait sympa au départ du village de Lagnes et qui passe par Fontaine de Vaucluse, le mur de la Peste et quelques bories. Me voilà donc partie pour 5h de marche dans la belle et paisible campagne lubéronnaise dont voici quelques photos.

 

campagne du Luberon

Forêt de pins, Luberon

campagne du Luberon

 

Fontaine-de-Vaucluse

Après quelques kilomètres de marche, j’arrive à Fontaine-de-Vaucluse, un joli village situé au bord de la Sorgues au pied des Monts de Vaucluse. En fait, Fontaine-de-Vaucluse ne fait pas partie du Parc naturel régional du Luberon mais se trouve juste à l’extérieur. Un petit écart de parcours motivé par les belles photos que j’avais vues de la ville avant de partir. Contrairement à la plupart des villages visités durant mon séjour, il y a pas mal de choses à voir et à faire à Fontaine-de-Vaucluse. J’y suis restée au moins 3 heures, le temps de visiter et de manger et j’y serais bien restée plus longtemps si je n’avais pas eu à reprendre le fil de ma randonnée.

 

J’ai aimé

■  Me promener le long de la Sorgues, une rivière d’une étonnante et magnifique couleur verte.

■  Visiter le moulin à papier et sa belle roue à aubes, reconstitution des fabriques à papier chiffon que l’on pouvait trouver ici à la fin du Moyen Age. Entrée gratuite.

■  Manger dans l’un des nombreux restaurants installés au bord de l’eau, pour profiter de la vue sur la Sorgues. J’ai choisi « Le Soleva » où l’on mange bien pour pas trop cher dans un cadre très agréable.

■  Faire un tour au Musée du Santon qui a la particularité de posséder la plus petite crèche au monde avec pas moins de 39 santons dans une simple coquille de noix. Autant vous dire qu’il faut une loupe pour pouvoir les observer!

■  Monter jusqu’aux ruines du château des évêques de Cavaillon surplombant Fontaine de Vaucluse de son à-pic rocheux et profiter du panorama sur la ville et les montagnes alentours.

 

J’ai moins aimé 

■  La source de la Sorgues, une résurgence souterraine dont le niveau était très bas fin octobre. C’est un peu l’attraction de la ville mais que j’ai trouvée sans grand intérêt, en tout cas à cette période de l’année.

 

Fontaine de Vaucluse, luberon

Roue à aubes, Fontaine de Vaucluse

 

Le mur de la peste

Ma balade m’emmène ensuite jusqu’au mur de la peste, un simple mur en pierre sèche construit en 1721 sur 27 km pour tenter de contrer une épidémie de peste déclarée à Marseille et rapidement propagée à toute la Provence. Les échanges commerciaux sont alors interdits et le mur gardé par des hommes armés afin de protéger les territoires encore épargnés.

Malgré toutes ces précautions, l’épidémie gagne du terrain et passe de l’autre côté du mur quelques mois plus tard. Une fois l’épidémie terminée, le mur devenu inutile est abandonné et les pierres réutilisées. En 1986, il est restauré sur une portion de 6 km entre Lagnes et Cabrières d’Avignon, et fait à nouveau partie du paysage de la région.

Le mur n’est pas accessible en voiture, si l’on veut le rejoindre, il faut marcher un peu. Le plus simple est de partir de Cabrières d’Avignon, de rejoindre le chemin de Muscadelle et suivre le sentier balisé qui mène en 15 minutes au pied du mur.

 

Mur de la peste, Vaucluse

 

 


Jour 3


L’abbaye de Sénanque

Ma dernière journée est consacrée à Gordes et les alentours à commencer par l’abbaye Notre-Dame de Sénanque qui fait sans conteste partie des sites incontournables lors d’un séjour dans le Lubéron. Pas de lavande en cette fin octobre pour faire de jolies photos mais une visite intéressante sur l’histoire de l’abbaye et la vie des moines au Moyen Age et aujourd’hui.

L’abbaye est fondée en 1148 par des moines cisterciens dans un vallon isolé pour y mener une vie de prière et de travail à l’écart du reste du monde. Après une période prospère au 13ème et 14ème siècle, elle traverse une succession d’évènements sombres et malheureux: guerres, incendies, épidémies de peste, ventes comme bien national, expulsions et manque de vocations qui dureront jusqu’en 1988, date à laquelle une petite communauté de moines s’installe à nouveau à Sénanque.

Il est possible de découvrir les lieux seul, sans être accompagné, mais je vous conseille la visite guidée (environ 1h), beaucoup plus intéressante et plus vivante grâce aux nombreuses explications fournies par le guide. On commence la visite par l’ancien dortoir des moines, la seule pièce de l’abbaye qui n’est plus utilisée de nos jours. Puis on découvre tour à tour l’église abbatiale, le cloître, le chauffoir et la salle du chapitre pour terminer comme on a commencé par la boutique de souvenirs et la partie librairie.

 

➤ Site web: www.senanque.fr

 Abbaye de Sénanque, Vaucluse

 

Le village des bories

Les bories sont des petites cabanes en pierre sèche que l’on peut voir un peu partout dans la région. Elles servaient autrefois d’abris en cas de pluie pour les hommes, pour les animaux ou pour ranger les outils. Il en existe plus de 400 rien que dans la campagne de Gordes, j’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en voir quelques unes lors de ma balade de la veille.

Ce qui est impressionnant ici, c’est qu’il ne s’agit pas d’une cabane isolée dans la campagne mais de tout un village de bories. Au 18 et 19ème siècle, elles servaient de bergerie, chèvrerie, porcherie, cave à vin, grange ou habitation saisonnière pour les paysans qui devaient rester éloignés de leur ferme quelque temps. L’intérieur est sombre et des plus sommaire même pour un logement temporaire.

Abandonné au milieu du 19ème siècle, le village est restauré par des passionnés entre 1969 et 1976 et classé au titre des Monuments Historiques en 1977. C’est aujourd’hui l’un des sites les plus visités du département.

 

  Site web: https://levillagedesbories.com

 

Le village des bories, Gordes

Le village des bories, Gordes

 

Gordes

Je termine mon séjour par Gordes, classé parmi les plus beaux villages de France. Bien que typique et joli, ce n’est pas mon village préféré. Comme c’est là que j’avais réservé un Airbnb durant mon séjour, j’y suis venue plusieurs fois pour manger et j’avoue avoir été un peu surprise par le nombre de commerces et de restos fermés et le côté un peu mort de la ville le soir venu. Sans doute la contrepartie d’un village hyper touristique qui se dépeuple une fois l’été terminé.

 

J’ai aimé

■  Le château qui trône au centre du village et qui abrite l’office de tourisme et un musée (fermé le lundi).

■  La visite des caves du Palais Saint Firmin qui nous emmène sous la ville de Gordes où s’est développées autrefois activités agricoles et artisanales.

■  Faire le plein de nougat dans une boutique au centre du village. Bon, en fait il s’agit de nougat de Montélimar et non du coin mais franchement il est très bon.

■  Le restaurant l’Outsider, une bonne adresse qui propose des produits frais et locaux dans une belle salle voutée tout en pierre (ou sur la terrasse quand il fait beau).

■  Le point de vue « carte postale » depuis la Route de Cavaillon en arrivant à Gordes et la vue sur la plaine et le petit Luberon au centre du village.

 

Gordes, Vaucluse

Gordes, Vaucluse

 

 

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